PRODABO

 

Prodabo:

Le Programme de Développement Décentralisé des départements d'Assoungha, Biltine,Dourf Al Ahmar et Ouara 

Des infrastructures durables


vendredi 30 octobre 2009, par Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric 

Suite à un accord de coopération, le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement finance le Programme de développement décentralisé des départements d'Assoungha, Biltine, Djourf Al Ahmar et Ouara (Prodabo), à travers la coopération technique allemande (GTZ) et la coopération financière allemande (KWF). L'objectif global est d'améliorer les conditions de vie et de réduire la pauvreté dans les zones d'intervention.


Le Programme de développement décentralisé des départements d'Assoungha, Biltine, Djourf Al Ahmar et Ouara (Prodabo) a été conçu pour appuyer le processus de décentralisation reconnu par la Constitution tchadienne en 1996. C'est un sous-programme du Programme de Développement Rural décentralisé (PDRD II) qui inclut également le Programme de Développement décentralisé des départements du Mayo Dallah, du Lac Léré, du Mont d'Illi et de la Kabbia (Prodalka). Mais pour le coordonnateur national Mahamat Issakha, vu les réalisations sur le terrain, " le Prodabo est en avance sur le gouvernement ".

Trois composantes, notamment le "Fonds de Développement Décentralisé", la "Gouvernance locale" et la "Gestion et mise en valeur des ressources naturelles", sont mises à profit pour parvenir à ces objectifs. Plus spécifiquement, la composante "Fonds de Développement décentralisé" (FDD) permet aux populations de la zone cible de disposer des infrastructures socio-économiques (écoles, logements pour enseignants, centres de santé, maternités, banques de céréales, centres culturels...) et de gestion des ressources naturelles (micro barrages) qu'elles ont planifiées elles-mêmes à travers les Plans de Développement Local (PDL). L'implantation des écoles ou centres de santé dans une localité se fait sur la base des cartes scolaires et sanitaires établies d'un commun accord avec la délégation du ministère du Plan.

Le PDL est une gamme de projets que les populations locales élaborent en appui avec les techniciens du Prodabo. Un Comité de Développement Cantonal (CDC) s'occupe du suivi de la mise en œuvre et intervient dans le lobbying pour le financement. Après la planification locale effectuée à l'échelle cantonale, les représentants de la population doivent prioriser quatre projets éligibles au financement du FDD, en tenant compte des capacités organisationnelles des organisateurs de projets pour mobiliser les contributions exigées. Les critères de sélection des infrastructures financées par le FDD dépendent de leur conformité aux objectifs du programme, de leur faisabilité, de leur nécessité et de leur ordre de priorité dans le PDL.

Faire participer les populations

La réalisation technique des infrastructures est assurée par le FDD. La population apporte une contribution financière ou mixte (en espèces et en nature) suivant les taux fixés dans le manuel de procédure du FDD. Le cofinancement FDD de ces infrastructures n'intervient qu'après avoir reçu la contribution financière de la population. Cette stratégie vise une meilleure appropriation des ouvrages par la population. Pour le coordonnateur national, le Prodabo se distingue des autres bailleurs et ONG par la qualité et la durabilité de ses ouvrages. "Nous utilisons des blocs de pierre et non des briques en parpaing. En plus, la rigidité dans les procédures de passation de marché et le respect des normes font que la qualité des ouvrages est garantie", indique-t-il.

Des Pôles départementaux d'Appui Conseil (PODAC) basés dans chacun des départements, servent de relais entre la coordination du programme, la composante et les organisations paysannes. Ils assurent l'appui-conseil aux groupes cibles, et sont gérés par des prestataires de service (ONG, associations, bureaux d'études...). Ils appuient la structuration, le fonctionnement, la gestion et l'entretien des infrastructures financées par les FDD. L'appui consiste à aider les Comités de gestion et d'entretien (CGE) à préparer leurs projets et à mobiliser les contributions en espèces et en nature nécessaires. Mais il s'agit également d'aider à la bonne gestion des infrastructures, de s'assurer de leur bon fonctionnement et de l'entretien, ainsi que de leur suivi-évaluation.

A mi-parcours, les activités programmées durant l'année 2008 ont abouti à la mise en place de 51 nouvelles infrastructures qui s'ajoutent aux 53 de la première phase (2003-2006). Suite à l'octroi de financement de 40 projets au cours des séances des comités d'octroi tenues au mois d'octobre 2008, la construction de 17 nouvelles infrastructures sera financée conformément aux orientations de la KWF. Il y a un véritable engouement de la population, surtout pour les cantons qui n'ont pas encore leur PDL, informe un ingénieur du Prodabo. Malheureusement, cette année a été marquée par l'annonce de la réduction à 2011 de la durée totale du programme PDRD II initialement prévu de 2016. Cette annonce a été faite durant la mission conjointe d'évaluation en avril 2008. Les raisons évoquées tiennent au fait que le Tchad ne fait plus partie des pays prioritaires et l'Allemagne souhaiterait désormais réorienter son action en adoptant une approche multilatérale.

Cette annonce a été reçue avec tristesse par l'ensemble des partenaires et les populations, car le programme bénéficie d'une image de marque et de résultats positifs. Du coup, cette modification a entraîné une révision des indicateurs et des objectifs à atteindre. Compte tenu de l'importance du programme, le coordonnateur national du Prodabo suggère à l'Etat tchadien d'injecter les fonds pétroliers ou de trouver toute autre source de financement pour le pérenniser.

Frédéric Ndjénodji Mbaïdedji

 

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